Obsolescence, Responsabilité et Economie Numérique

Récemment une histoire a attiré mon attention sur un point particulier de ce que j’appelle la Responsabilité Numérique, notamment dans sa dimension militant pour une charte et un label ouvert de conception durable et équitable de systèmes et de services numériques (principe de Co-Conformité).

L’histoire en question est l’annonce pour le 18 février 2015 de la fin du support et du service du fameux lapin connecté Karotz, initialement connu sous le nom de Nabaztag. Une FAQ (un peu “maigre”) sur la question tente de répondre aux questions soulevées par cet arrêt. On y trouve notamment deux point qui m’interpellent :

  • A la question de ce qu’il peut advenir des lapins existants après le 18 février 2015: la réponse est édifiante: “votre lapin restera auprès de vous, mais sans activité”. En d’autres termes, il s’agit de convaincre ceux qui possèdent un lapin de le conserver comme objet de décoration, artistique, ethnographique d’un temps des débuts de l’Internet des Objets! Une telle réponse n’est bien entendu pas acceptable pour toute personne utilisant actuellement encore ce service (selon eux env. 10% des lapins en circulation).
  • Ce premier point entraine nécessairement une deuxième question aussi mentionnée sur le blog concernant la possibilité du passage en Open Source des codes relatifs aux opérations du lapin. Et là, nous pouvons lire : premièrement une phrase bien pensante et encourageante mais qui n’engage à rien : “nous y pensons et étudions la façon d’y arriver”. Deuxièmement, et ça c’est beaucoup plus inquiétant : “sans investissement de notre part, un transfert en Open Source ne serait pas possible”. Autant dire que ça n’arrivera jamais !

Ainsi, et c’est là toute la question qui se pose dans une économie numérique, comment permettre la cohabitation durable et équitable, donc responsable, d’une industrie qui n’est pas seulement composée d’approches Open Source mais aussi d’initiatives privées et propriétaires.

Une piste intéressante consisterait à inciter l’économie numérique privée à adopter volontairement une clause de Responsabilité Numérique consistant à s’engager à mettre dans en Open Source les codes relatifs à tout système et service dont l’activité commerciale privée s’arrêterait. Une telle clause, dans le cas précis du lapin Karotz aurait le mérite de ne pas se retrouver dans cette situation délicate d’obsolescence numérique ayant un impact négatif tant sur l’entreprise que sur les utilisateurs… à méditer…

Merci à Romain (@romain_bp) d’avoir attiré mon attention avec son Tweet sur la question, même si je ne suis pas nécessairement d’accord avec le fait qu’il ne faut “jamais acheter du matériel connecté non Open Source”. En fait, avec un tel engagement et une clause de Responsabilité Numérique d’ouverture du code en cas de cessation de services, la question ne se poserait plus dans les mêmes termes, et la société aurait la possibilité de continuer à utiliser les systèmes et les services malgré l’obsolescence forcée et économiquement probablement justifiable dans notre économie numérique. Soyons numériquement exigeants et responsables. Il est temps de concevoir cette charte et ce label ouvert de conception durable et équitable de systèmes et de services… Rejoignez-nous, nous serons bientôt légion… Qu’en pensez-vous ?

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